Femmes de gangsters


Les gangs, le milieu, le grand banditisme, tous ces termes s’accordent bien souvent exclusivement au masculin. La majeure partie du temps, les membres de premier plan qui composent la part active des organisations criminelles sont des protagonistes masculins. Pourtant, la complexité et le voile de mystère de ces mondes interlopes nourrissent pas mal de fantasmes et d’idées préconçues. Il est donc des plus intéressant de tenter de comprendre quel rôle les femmes y tiennent réellement.

Si l’on commence par se poser la question de ce qui pousse les gens à formater les rôles d’une manière globale, une des pistes de réponses les plus attendue est bien la manière dont ces rôles sont représentés sur les scènes culturelles les plus influentes. Aujourd’hui, et ce depuis plusieurs dizaines d’années, le cinéma et la télévision ont fortement contribués à nous imposer un modèle de fonctionnement. Un modèle rassurant et bardé de codes fortement identifiables par la plupart des gens. Dans le cas particulier des films ou des séries de gangster les hommes héritent des activités criminelles. La poudre et du sang, quasiment tout le temps. Les femmes quant à elles sont cantonnées à des rôles de faire-valoir. Dans le meilleur des cas, en présence d’hommes, on leur entiche des traits doucereux destinés à rendre l’homme plus fort, plus dominateur dans son rôle. Est-ce là un mimétisme calqué sur des faits réels, concrets, vérifiables ou bien ce traitement répond-il à une attente des consommateurs que le cinéma hollywoodien, monolithique et inébranlable, a rendus frileux au changement ? Et le vrai problème se pose bien ici, le plus souvent, on ne retrouve pas tant le fait que les évènements décrits se posent en vérités matérielles, mais passées à travers le prisme dont la  société aimerai qu’ils soient.

Si l’on considère une série télévisée actuelle comme « Peaky Blinders » et que l’on tente de la pitcher à quelqu’un qui ne la connaîtrai pas, on pourrait s’y prendre ainsi :
« Peaky Blinders raconte l’histoire de la famille Shelby dont les frères, Thomas, Arthur, John et Finn tiennent une entreprise de paris illégaux à Small Heath, un quartier de Birmingham. »
Mouais.
Bien sûr, en une phrase, on a résumé le début de l’histoire, et on ne peut pas dire que l’on a été inexact. Pourtant, malgré nous, nous venons d’occulter en une phrase tous les rôles principaux féminins.

Il m’apparaît nécessaire, voire impératif, à ce stade, de faire un petit avertissement salutaire pour celles ou ceux qui n’auraient pas vu cette série. Je serais probablement conduit à dévoiler des moments clés de l’intrigue, tout comme pour « Carlito’s Way » plus bas d’ailleurs. Alors, franchement, si vous êtes passé à côté de l’un ou l’autre de ces petits bijoux, lâchez-vite ce foutu article et foncez là-dessus. Maintenant ce petit conseil prodigué, nous pouvons continuer et tenter de reprendre le fil, sans risquer de vous gâcher le plaisir de la découverte.


Donc, pourquoi puisse-t-il être légitime que l’on occulte aussi facilement les femmes de la série ? Pour deux raisons qui semblent assez évidentes quand on décortique un peu plus loin les évènements et leur manière d’être présentés à l’écran. Ce qui doit fasciner le spectateur très rapidement c’est la violence du gang, son intransigeance, sa détermination. Et ce plus encore que les tergiversations misent en travers du chemin de Thomas par les femmes de sa vie. Pourtant, on remarquera que c’est l’apparition de ces errements qui débouchent sur le renforcement du bien-fondé de l’action de l’entreprise familiale. Deuxièmement, le traitement global de l’écriture des personnages féminins et le fait que celles-ci campent uniquement des rôles d’obstacles malgré elles ne laisse tout simplement aucune place à une prise de pouvoir de leur part. De ce point de vue, la toute première scène de la série résume bien cet état de fait.

Thomas Shelby remonte une rue fréquentée du quartier de Small Heath dans lequel il vit. Il avance, ensellé sur un magnifique étalon noir jais. Dans cette avenue ouvrière, tout est noir, à commencer par lui dans son éternel manteau de feutre laineux couleur charbon. Les murs sont tâchés des vomissures anthracites des usines alentours. Les visages des gens qui se dérobent à son passage sont boueux, ternes. Côté réalisation, la domination de l’homme sur ces ouvriers malingres est exacerbée par des contre-plongées insolentes sur l’homme à la casquette dissimulant la fameuse lame de rasoir. Il s’arrête au beau milieu de l’artère rendue déserte et un vieil homme présente une jeune adolescente qui, après quelques psaumes incompréhensibles, souffle une poudre rouge vif dans les naseaux de l’étalon.

 Poudre Peaky Blinders

‘’Red powder trick’’
« Monaghan Boy » Peaky Blinders Saison 1, http://peaky-blinders.wikia.com/wiki/Major_Races

Côté image, c’est magnifique. Cette nuée rouge que l’on retrouve à plusieurs reprises dans la série est vraiment bien composée et l’étalonnage global des couleurs laisse la place à de magnifiques tranchés comme celui-ci. Le cœur noir des hommes, le cœur rouge des femmes. Côté lecture, c’est un peu moins reluisant. Le premier contact avec un personnage féminin dans la série, c’est une jeteuse de sorts. Déjà dans l’assistance, certains froncent les sourcils en se disant que cette lecture est orientée pour servir le propos global. La remarque pourrait être pertinente, si cette situation ne se réitérait pas à plusieurs reprises dans la suite du scénario. Définitivement, les femmes tiennent les arcanes du fantastique et du mystique, elles seront celles qui

C’est un fait, les Shelby n’ont pas de mère, tout juste s’il en est fait mention au détour d’un dialogue feutré. Dans les premiers moments de l’adaptation, on pourrait penser que ce fût pour renforcer le côté maternel de leur tante Polly. Quand on s’aperçoit qu’elle-même a beaucoup de difficultés à assumer ses qualités de mère on est obligé de revoir sa copie. On en déduit avec force qu’il aurait été contre-productif d’écrire un personnage féminin qui se serait substitué à la mère biologique pour leur inculquer la tempérance et le bon sens des femmes. Cela devient encore plus évident quand on regarde le personnage de Grace. Premier amour de Thomas Shelby depuis son retour de France avec qui il a un enfant, puis se marie, et… qui est tuée le soir de ses noces. Comment en aurait-il pu en être autrement pour celle à qui Tommy venait de promettre de se ranger des voitures ? Narrativement, et c’est terrible de le constater, mais le personnage de chef du clan se ramollissait. La mort de Grace avait le double avantage de libérer cet obstacle à pérenniser la Shelby Company Ltd de la seule façon qu’il jugerai valable, et de rendre sa mort comme une détermination supplémentaire qui renforçait son côté jusqu’au-boutiste. Décidément, la coopération homme-femme ne trouve pas grâce aux yeux des auteurs. En suivant un axe d’analyse littéraire, cette manière de traiter les personnages s’effectue selon une construction protagoniste/antagoniste. Le caractère positif ou négatif du héros est donné suivant le sens de la morale qu’il incarne. Pour forcer ses traits déterminants ont lui oppose des antagonistes construits par exact effet miroir. C’est une manière simple et efficace de renforcer les caractères d’un personnage.

Pour être tout à fait complet, il faut s’arrêter un instant sur le personnage de Polly. Polly Gray, la tante des frères Shelby –dont on remarquera qu’elle ne porte pas le même nom– a pris les rênes du business pendant que les garçons étaient occupés sur le front de France. De ce fait, à leur retour, elle hérite d’un poste d’importance dans l’affaire, en tant que trésorière de la compagnie. D’aucuns voient en le personnage de Polly Gray un alter-ego féminin de Tommy Shelby, presque les premiers vers d’un prétendu pamphlet féministe. C’est oublier qu’à chaque fois qu’elle insiste auprès du chef de famille pour imposer un point de vue, celui-là trouve rarement écho dans l’oreille de ce dernier. De plus, par deux ou trois moments sous la coupe de Polly, le clan des femmes tremble d’envie de révolte, comme pendant ce joli moment de grève sauvage aux accents de Lysistrata. Trop tôt pour dire si cela se soldera par une vraie prise de pouvoir féministe, mais soyons honnêtes, ce serait un minimum nécessaire pour donner à cette série tous les lauriers qu’elle mérite.

 Womens Peaky Blinders

‘’Women on strike’’
Peaky Blinders, Saison 4.

 

Arrêtons-nous désormais quelques instants sur l’un des chefs d’œuvre de Brian De Palma, « Carlito’s Way ». Petit résumé rapide de l’intrigue :

Charlie ‘’Carlito’’ Brigante (Al Pacino) sort avec anticipation de prison grâce à l’aide de son avocat, campé par un Sean Penn halluciné. Conscient de la chance qui est la sienne et ne devant son salut qu’à un vice de procédure et à l’abnégation de son conseil et ami, il décide de se ranger de son passé criminel et de rejoindre un ami qui tient un business de location de voiture aux Bahamas. Cette persuasion est d’autant plus forte qu’il renoue avec Gail (Penelope Ann Miller), une strip-teaseuse rêvant d’être danseuse. En dépit d’une volonté inébranlable à mener avec beaucoup de conviction ce projet, le film est une fable fataliste. Et malgré les suppliques de celle qui attend maintenant son enfant, il va, par honneur de la parole donnée, se retrouver dans cette impasse.

Là encore, l’analyse de la scène d’ouverture est pleine d’enseignements intéressants. Mettre en avant la fin narrative d’un film au début permet de décentrer l’attention du spectateur sur la fin. Car dans ce film, c’est bien le cheminement implacable et fataliste des actions qui importent plus que la fin elle-même. C’est d’ailleurs pour cela que le titre français insiste sur  l’impasse, assumant la fin de l’œuvre et dérivant l’intrigue sur la manière et non la finalité. C’est un procédé risqué, car le processus narratif classique est bien évidemment chamboulé par cet enchaînement, mais c’est De Palma à la réalisation, le genre de mec à qui on ne la fait pas. Film dans le film pour la scène de la poursuite, enchainements de plan séquences, tout est truffé de pépites au service du propos global. En l’espèce, il faut prendre Carlito’s Way, pour ce qu’il est, un film d’amour et non pour un film de gangster. C’est en ça que les fans du tandem De Palma/Pacino, peut-être restés sur l’ascension ambitieuse du héros de Scarface ont dû être perturbés. Ce film doit laisser la place à l’histoire d’amour et aux intrigues magnifiquement construites en contrepoint.

Les premières minutes du film ouvrent sur le meurtre de Charlie Brigante puis son transport sur une civière, yeux ouverts, vitreux, semblant calme et neutre. Tout ceci donne d’emblée le ton de la chape de fatalité qui doit peser sur les évènements racontés par lui dans le reste de l’adaptation. Il fixe un panneau publicitaire sur lequel s’étale un coucher de soleil kitch, avec les mots « Escape to paradise ». Seule cette affiche est colorée, avec en son centre une femme qui danse en contrejour. L’affiche se rapproche du centre du cadre par trop fois, puis fondu enchaîné au noir, on passe au début du flashback. Les scènes iconiques du film qui ont marqués la majorité des spectateurs sont celle de la salle de billard et de la poursuite dans le métro puis dans la gare centrale de New-York. Pour ma part, je trouve bien plus intéressant au duo avec Gail qui donne la vraie tension dramatique à toutes les actions durant le film. C’est à elle qu’il confie la marche inarrêtable des évènements, constate le déterminisme de sa vie tout en déplorant son impossibilité à réagir autrement que par les codes que son passé lui a inculqué. Gail est un personnage qui est encore un fois construit selon des mécanismes d’opposition assez évidents. Elle est plutôt tendance WASP quand lui est immigré portoricain. Il tue, elle danse. D’emblée, elle représente, aux yeux du spectateur, le refuge fragile dans lequel Carlito doit trouver un écho.

Il est intéressant de se replacer dans le film dans son contexte, car celui-ci à très probablement influé sur la manière dont sont traités ces rapports. Premièrement, De Palma ne voulait pas réaliser un second film de gangsters sud-américain après Scarface. C’est donc bien une antithèse de Tony Montana qu’il livrera en décrivant la vie et la mort de Charlie Brigante. De plus, en pleine crise de la cinquantaine, De Palma assume la thèse que vie et travail sont inconciliables et met probablement de son vécu personnel dans la manière de décrire la descente de Brigante. Deuxièmement, le scénario est signé de la main de David Koepp, il faut savoir que si son nom ne parle pas à grand monde, le bonhomme est le sixième scénariste le plus valorisé de tous les temps. A eux seuls, ses scenarii ont générés quelques 2,3 milliards de dollars. On peut donc légitimement se demander si dans le formatage le mec n’est pas une sorte de maître à penser. En effet, à aucun moment, le personnage de Gail n’influera de manière active sur le déroulé des évènements. Alors, c’est peut-être diablement shakespearien mais encore une fois, est-ce réellement plausible ? Et qu’en est-il de la « vraie » vie d’ailleurs ?

« Son amoureux ». Voilà comment Sylvia Jeanjacquot décrit Jacques Mesrine dès les premières pages de son livre « L’instinct de vie ». Titre assumant une opposition à celui de Mesrine « L’instinct de mort » écrit plusieurs années auparavant. Cette différence met également en lumière le fait qu’entre les deux amants, seule Jeanjacquot allait survivre dans la voiture le 2 novembre 1979, porte de Clignancourt. Les premiers paragraphes du livre s’attèlent à décrire la rencontre entre Jacques et Sylvia, puis les premières idylles d’un couple déclaré  normal. Si la femme s’évertue à décrire un couple banal, cela peut éveiller la suspicion légitime. Il faut savoir que Jeanjacquot prétend ne pas connaître Mesrine à l’époque de leur rencontre. Et ce bien que l’homme, au début de leurs premiers émois, a déjà acquis son titre honoris causa « d’Ennemi Public numéro un ». Nous sommes au printemps 1978, et à cette époque Mesrine a déjà un lourd passif au Canada, s’est rendu célèbre dans l’opinion contre les QHS (Quartiers de Haute Sécurité) en s’attirant les sympathies des intellectuels de la gauche post-soixante-huitarde. Mieux, il vient tout juste de s’échapper de la Santé avec François Besse. Pas une semaine ne se passe sans que l’on chronique sur sa vie et son « œuvre » dans les journaux. Sylvia Jeanjacquot explique qu’elle s’intéresse peu aux nouvelles et vit cloisonnée entre ses nuits de serveuse dans un bar à hôtesses de Pigalle et sa petite colocation modeste. A l’heure où l’information est omniprésente, cela peut paraitre surprenant mais dans le contexte des années 70, c’est tout à fait plausible. Rajouté à cela le fait que Mesrine se présente à elle grimé, sous une fausse identité, arguant un emploi de chef de chantier, tout cela tient la route.

 Selfie Mesrine

« Selfie »

Sylvia Jeanjacquot et Jacques Mesrine, http://www.purepeople.com/media/sylvia-jeanjacquot-et-jacques-mesrine_m702667

Il ne lui révèlera sa vraie identité et ses véritables activités qu’une fois l’amour acquis entre les deux parties. Ce démarrage de leur histoire commune devait sceller définitivement la « normalité » ou la « banalité » de leur couple. Pour preuve ultime, la veuve se fait fort d’étaler tous les petits surnoms de leur intimité. Sylvia expliquera ne pas avoir été « touchée » par cette vie pour le moins spéciale. Il est impensable que ce soit totalement le cas, entre les filatures, les faux-papiers, les cavales. On peut raisonnablement penser qu’en disant cela, Sylvia Jeanjacquot exprime avec force le fait de ne pas avoir été fascinée, ni rebutée par cette vie. Simplement amoureuse. C’est beau de courage et de conviction en ses sentiments. C’est en ce sens qu’elle dit ne pas avoir été touchée. Inversement, Jacques Mesrine, à travers les souvenirs de « son bébé » explique s’être épanoui dans cette relation qui dura un peu plus d’un an et demi essentiellement par le fait que jamais Sylvia Jeanjacquot n’a tenté de le changer, d’infléchir sa détermination et ses buts. Plus globalement, le fait que l’amour de Sylvia ne soit pas inscrit dans la fascination pour la carrière du bonhomme semble également trouver beaucoup de crédit aux yeux de Jacques.

Sylvia le suivra jusqu’à la fin, jusqu’à cette porte de Paris, jusqu’à cette bâche bleue qui se lève et dévoile les canons des mitraillettes. Le feu nourri lui coûtera son œil, son caniche et son amour. Elle essuiera, comme Jacques, le plomb des armes des gros bras de Broussard, qui réglaient avec de timides sommations les basses œuvres des services dépassés par l’homme qui s’était attiré une certaine permissivité de l’opinion. Elle supportera également, l’exhibition du trophée, passé de mains en mains, montrée comme la bête à la fin de la traque.

Considérons enfin l’exemple de la vie et de la mort du plus célèbre des couples des gangs, la vie de Bonnie Parker et Clyde Barrow. Membres à part entière du gang Barrow qui sévissait dans les Etats-Unis de la Grande Dépression au début des années 30. Férus de voitures, Ford V8 en tête, Clyde et les autres membres de son clan vont faire figure de référence et d’innovation dans les rapports hommes-femmes au sein d’une organisation criminelle. Si l’histoire, et nous allons y revenir, a retenu les deux membres romantiques chantés par Gainsbourg, il ne faut pas perdre de vue qu’en plus de Bonnie, on trouve Blanche qui est la femme de Marvin « Buck » Barrow, autrement dit la belle-sœur de Clyde. Cette histoire, sans peut-être la mystification qui y a été apportée par la suite par la rumeur et la propre publicité de Bonnie pour leur propre cause, est, à bien des égards, incroyable et supplante même les différentes et nombreuses adaptations qui en ont été faites.

Née dans une famille modeste du Texas, Bonnie Parker est orpheline de père très jeune. Rapidement, avec ses sœurs et sa mère, elle emménage dans les suburbs de Dallas, capitale de l’état. Bonnie est éprise de poésie, s’attire les louanges de ses professeurs et survole sa scolarité en étant parmi les meilleures élèves de son école. Peu avant ses seize ans, elle se marie à Roy Thornton, son amour de jeunesse. Bad boy, le garçon fût très vite envoyé au pénitencier local après avoir commis un braquage. Trois ans après leur union, les jeunes amants furent séparés de corps. Bonnie n’allait désormais plus revoir Roy, mais elle n’en divorcera jamais. On retrouvera même sur elle son alliance le jour de la mort de l’embuscade finale. Difficile d’en dire plus sur la vie antérieure de Bonnie hormis le fait qu’elle ait été serveuse et que la légende voudra qu’elle eut comme client un de ces exécuteurs. Bonnie laissera dans l’histoire des poèmes, ce qui contribuera fortement à créer la « légende » qui entourera le couple. Parmi ses plus connues, celles qui sont parvenues à la postérité se titrent « The Story of Suicide Sal » ou encore « The Trail’s End » ce dernier parfois appelé l’histoire de Bonnie & Clyde plus connu dans l’hexagone pour avoir été mis en musique par l’homme à la tête de chou.

Clyde Barrow quant à lui est né dans une famille pauvre des quartiers très populaires de la capitale texane. Très tôt, il baigne dans la petite truande et connaît, jeune, des démêlés avec police et justice locale. Clyde fait partie de ces petits voleurs qui commettent à cette époque leurs forfaits pour survivre. Il se spécialise dans le même temps dans le vol de voitures. Il vient tout juste à l’époque de rencontrer Bonnie chez une amie commune qu’il est renvoyé au pénitencier pour un braquage qui a mal tourné. Suite au coup de foudre, Bonnie fait évader Clyde, qui retombe rapidement entre les mains de la justice. Retour à l’envoyeur. En prison, il commet le premier meurtre d’une série qui variera entre onze et quatorze, sur la personne d’un détenu qui lui a fait subir des violences sexuelles. Clyde est loin d’être l’archétype romantique qu’a voulu lui coller la pop-culture : violent, meurtrier, intransigeant, mais il n’empêche, amoureux.

Quand ils se rencontrent, on ne sait pas vraiment ce qui pousse Bonnie à suivre Clyde. Peut-être est-ce la banalité du milieu interlope pour elle et le fait qu’elle ait été habituée à ce mode de vie avec son mari ? Nous n’aurons probablement ce genre de réponse même s’il est tout à fait notable de remarquer que c’est elle-même qui s’est attribué les responsabilités d’impresario du couple. Si l’on analyse les fragments qui sont parvenus jusqu’à nous un peu moins d’un siècle après leur mort on s’aperçoit que Bonnie paye souvent de sa personne quand il s’agit de défendre leur cause commune. Sur les photographies elle semble s’amuser de la situation, donnant du grain à moudre aux journaux de l’époque qui les surnommeront « le couple de gangster le plus glamour » au vu des photos mises en scène avec dérision d’elle en train de le désarmer, fusil canon scié à la main. Rajoutons à cela les premiers vers du « Trail’s End » :

You’ve read the story of Jesse James
Of how he lived and died;
If you’re still in need
Of something to read,
Here’s the story of Bonnie and Clyde.

[…] The Trail’s End, Bonnie Parker

Qu’on pourrait traduire :

Vous connaissez l’histoire de Jesse James,
Comment il vécut et mourut ;
Si vous êtes toujours en attente,
De quelque chose à lire,
Voici l’histoire de Bonnie et Clyde.

Trad. personnelle.

Bonnie and Clyde

Dès l’introduction, on constate que Bonnie se fait forte de comparer leur épopée à celle du célèbre hors-la-loi américain, chef du gang James-Younger. De plus, elle invente le teasing avant l’heure et promet du sensationnel, du croustillant. Les autres vers, réhabilitent Clyde Barrow, enfant détruit par le système pénitencier et les répressions policières. De ce point de vue, Bonnie assume la défense de la liberté de leur action. La fin de l’histoire est bien connue ici encore. Alors qu’ils sont enferrés dans une gigantesque cavale à travers les états du sud, les amants se rendent coupables du meurtre de deux jeunes policiers. Le FBI, excédé, les placent sur une liste d’urgence prioritaire. Un lourd dispositif se met en place et à la suite d’un mois et demi de filature une embuscade est montée. Le jour j, alors qu’ils pensent que le couple leur a encore échappé, les flics, proches de lever le dispositif voient arriver la V8 qui détale en trombe. Feu. On relèvera plus de 150 impacts de balles dans la carrosserie qui témoigneront du fait qu’on n’a laissé aucune chance au couple. Les témoignages diront avoir entendu une plainte de femme déchirante et terrible, résonnant longtemps sous le ciel de Louisiane.

Ce qui a définitivement gravé dans le marbre la légende du couple est la dimension libertaire de leur cavale. Il faut comprendre également que ce thème de la fuite sur le chemin en quête de la liberté des grands espaces est globalement inscrit dans l’inconscient collectif américain et ceci depuis la conquête de l’ouest. Pas étonnant si de nombreux auteurs, à commencer par le plus iconique de la beat generation, Jack Kerouac, en ont fait des thèmes de prédilection. A la différence de ce qu’on a vu jusqu’à présent, Bonnie a embrassé la vie et la carrière de Clyde Barrow en devenant tour à tour son amante, sa complice, son avocate. Elle savait depuis le premier jour que leur histoire se terminerait dans le fossé d’une route, leurs corps entremêlés dans une sinistre mare de sang. 

Nous pouvons légitimement supposer qu’il existe autant de manières pour un homme et une femme de trouver la place de leur amour au milieu de leurs activités illicites. Finalement, il ne paraît pas que cela soit si différent qu’on puisse l’imaginer au prime abord. C’est probablement la manière toujours très normative des représentations culturelles qui imposent aux productions de toutes sortes de répandre des codes réitérés et réchauffés. Et finalement, c’est toutes les images qui nous parviennent du milieu, toujours très enclin à la romance et aux fantasmes.

Scheuer Kévin.

https://medium.com/@kevixe

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En appendice : Une petite nouvelle aux codes inversés

1917 - Quelque part en Europe occidentale

Dans la salle poussiéreuse de l’arrière-boutique déserte, il y avait bien longtemps que l’épicier du village ne venait plus faire son inventaire, crayon sur l’oreille. Tout juste les caisses à l’avant étaient-elles garnies de pain noir et de quelques patates qui germaient, ramollies par le temps humide. Marina pris la parole face aux trois autres femmes qui la regardaient fixement. Pas de pitié pour les jupons, courts et au-dessus des genoux, depuis quelques mois, on avait appris à faire efficace. Les jarretières ne servaient plus que de reposoirs aux coutelas dissimulés.

Cela faisait quelques semaines que des hommes du front refluaient vers les villages, certaines lignes de batailles étaient en piteux état. Cabossés, les hommes revenaient lentement. Ces dames les mettaient rapidement au parfum, leur collaient les mouflets dans les bras et allaient prendre en main la famille. Marina racla sa gorge en expurgeant un crachat, ayant pris le soin d’ôter son cigarillo de la bouche :

« Ce que je viens d’apprendre n’est pas engageant pour Emma.

-C’est son mari ? demanda Mésange d’un ton sec.

-C’était son mari, corrigea Marina, je pense qu’on peut parler de lui au passé maintenant. »

Mésange baissa les yeux, elle savait comme Emma était sensible à tout ça. Elle serrait un peu les points, et les dents, elle relevait la tête, sans plus trahir une émotion.

« Ça va la secouer la petite. Je pense qu’il faut se passer d’elle sur le coup...

-Certainement pas, embraya Marina, on serait trop peu si on n’y allait que toutes les quatre. Il nous faut deux filles devant et trois dedans »

Elle sermonnait un récital que toutes les autres connaissaient, pour preuve elles baissaient les yeux en cadence. Elle insista reprochant à l’excès à Mésange :

« Tu veux peut-être aller refaire un tour au trou pour te remettre les idées en place ?»

La porte grinçante se chargea de couper rapidement court à la conversation. Les regards se tournant vers celle qui venait de pénétrer dans l’arrière-salle ne laissaient rien présager de bon. Le sourire de défi et d’accomplissement, juvénile et insouciant d’Emma se mua directement en regard interrogatif. Marina, ne prit pas de gants.

« Emmy, ton loup, il est tombé cette nuit. »

Dans sa tête, elle savait parfaitement qu’il fallait encaisser le choc, et le choc était rude. Mais depuis qu’elles avaient appris le travail au côté des marlous, elle savait que pas un n’aurai rien lâché, alors, elle respira intérieurement. Elle trahit à peine son émotion en ouvrant la bouche en sifflant.

« Chiens ! ... Elle aspira. Les enfants seront tristes. »

Quand les plus grosses vagues d’hommes du quartier étaient partis à la guerre, l’an passé, elles avaient toutes appris de leurs métiers. Elles étaient le club des cinq, les femmes de gangsters. Elles assuraient la pérennité du revenu. Elles étaient devenues les femmes gangsters. Celles à qui on ne la faisait pas et qu’on saluait bas dans la rue. Elles vivaient la douceur d’avoir vaincu leur rôle de femmes au foyer pour devenir cheffes d’entreprise, si dangereuse étaient devenue leur entreprise. Elles s’accomplissaient quand tous les saluaient bas dans la rue, point à la ligne.

Emma embraya, il fallait, plus que jamais montrer la force qui lui battait dans les veines :

« Et le coup ? On n’a pas des choses plus importantes à envisager ? » Les paroles tranchantes net dans l’air n’avaient de réponse que le vent glacé qui soufflait dehors. Déjà, de la buée se formait au carreau, le petit poêlon de fonte crachotait difficilement quelques volutes de fumée du bois moisi qui brûlait lentement. Même Marina, à l’habitude si forte semblait surprise par la réaction d’Emma.

« Elle a passé un cap la petite » Pensa t’elle pour elle-même. Elle balaya rapidement sa pensée pour se recentrer sur les affaires du jour, non sans un sourire de contentement.

« Sur le coup de chez Mc Carthy, les filles d’Albinio nous ont doublées, alors il faut répondre, et répondre fort. Asséna-t-elle, maîtresse d’elle-même, froide.

-Depuis qu’elles tiennent les maisons de jeux de l’ouest de la ville, elles se sont renforcées, psalmodiait Mésange, occupée à faire valser un couteau à lame fine entre ses doigts. Elle continuait, sans regarder les autres, hypnotisée par le fer qui courait entre ses doigts maigres.

-Une de mes filles sur la rive gauche m’a même dit qu’elles avaient commencé à vendre aux hommes des drogues qu’ils ont léchées au front, elles... »

Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase, la lame d’acier ripa d’entre ses mains en vint se ficher entre ses deux bottines de cuir élimé. Une douleur lui ceint la joue, précédée d’un sifflement dans l’air. Rapidement, Mésange senti à ses lèvres se porter le goût ferreux du sang. La bague de Marina avait rencontré la commissure de sa lèvre. Elle était plus écorchée qu’elle sembla le croire, incrédule.

« Efface moi ce regard d’admiration, ou tire-toi !» Intima Marina, glaciale.

Toujours les yeux baissés, Mésange cracha un filet de sang sur le parquet vermoulu. Elle releva les yeux doucement vers la cheffe du clan. Un peu défiante, un peu soumise, elle essuya du dos de sa main le sang qui continuait à perler.

Marina toisa les trois autres filles qui baissaient le regard...Toutes avaient le regard perdu dans l’éther, elles se livraient maintenant à mort à leur louve alpha.

L’air était devenu salement lourd, la certitude était poissée par l’humidité ambiante et difficile. Dans le gynécée interlope, le bruit n’existait plus, chacune acquiesçait silencieusement avec l’envie de bien faire.

Le craquement de la porte découpa le silence et fît sursauter les filles. Emma dégaina rapidement son six coups et se jeta sur la porte. Sur le seuil, deux enfants trébuchèrent, emportés par leur fougue et leurs rires. En se relevant ils changèrent de visages, constatant leur erreur, sans avoir le temps de demander leur reste, ils reculèrent à quatre pattes, à toute vitesse. Emma, toujours armée, posa une main sur l’encadrement de la porte en leur criant pour toute dispute :

« Retournez chez vos pères, garnements » Elle claqua la porte qui repoussa l’air d’hiver qui soufflait dedans.

Agacée, Marina prit une chaîne et l’enfourcha en repoussant ses jupons sous ses fesses.

« Bon, on peut commencer maintenant ? » Elle ralluma un cigarillo qu’elle ficha au coin de ses lèvres et, assurée de l’attention de l’auditoire, commença à détailler le plan.

Quand la porte se rouvrit, le cadre trembla lentement au passage déterminé de la troupe. Instantanément Les bottes se couvrirent d’un duvet neigeux sous les pas déterminé des filles. Elles remontaient maintenant la rue peu fréquentée. Leurs yeux se projetaient jusqu’à loin devant, affichant de concert avec la lenteur des gestes, leur détermination et leur certitude.

Devant elles, s’étalaient, malingres, des corps dans la boue hivernale, il faisait déjà sombre à cette heure avancée de la fin d’après-midi. Des yeux hagards, des squelettes osseux, s’aventuraient à sortir des têtes hésitantes pour assister à la scène. Pris de peur, ils s’engouffraient dans des maisons aux façades noircies par l’hiver. Les quatre femmes de main arboraient fièrement leurs couleurs sur un foulard noué autour de leurs cous.

Dans un ballet mécanique chacune prit sa place convenue, et attendait le signal. Marina arriva la dernière. Emma humecta ses lèvres trop sèches. Le temps se suspendait encore un peu plus dans la rue, on pouvait entendre, à peine couvert par les cahots d’un vieux moteur, les flocons de coton tomber en crissant sur la neige de grisaille. Dans un cliquetis mécanique, les chiens des revolvers s’armaient rythmiquement ; au loin, agile un chat traversa la rue en trombe.  L’œillade complice entre Marina, Emma et Mésange traduisait le défi et la satisfaction de leurs occupations, la meilleure des montées d’adrénaline, elles vivaient aussi maintenant pour cela.

Marina, un simple tulle noir rabattu sur son front, pénétra doucement dans la succursale, saluant au passage un vieil homme suiffard qui remontait son col a la douleur du blizzard qui redoublait. Une fois passé le seuil, elle farfouillait son sac de cuir et dégaina son pistolet, pendant que ses deux acolytes se faufilait derrière elle, déterminées. Dans une lenteur cinématographique, elle rejeta sa tête vers l’arrière, ses cheveux se balançant en arrière, dans une ondée châtain sublime. Elle se délecta un instant de la stupeur des clients et du comptable attablé derrière son bureau de bois brillant. Aussitôt, elle avançait avec le but certain d’empoigner l’homme dont les mains se crispaient déjà sur le bois verni. Dans le même tempo, les deux complices saisissaient les clients effarés, pour leur ficher leurs couteaux de nacre sous la gorge et le pistolet sur la tempe. Arrivée à la hauteur de l’employé, Marina roucoula un peu:

« Alors beau brun ? Premier braquage ? » Sans attendre de réponse, elle intima :

« Le coffre ! L’or uniquement ! »

Le jeune homme semblait vouloir répondre quelque chose, mais il n’y arriva pas. Il bafouillait devant tant de conviction. Jugeant rapidement la situation, et la considérant comme relativement défavorable, il se saisit des clés dans un petit tiroir à code. Se relevant de sa lourde chaise, il recula sur ses pas jusqu’à être arrêté par la lourde armoire de fonte quelques mètres vers le fond. Il tâta un peu le mobilier de la paume de la main, puis, obligé, consenti à se retourner pour se retrouver dos à Marina qui fumait lentement en le suivant du bout du pistolet, le regard aussi froid que l’acier de l’arme.

Il attrapa un sac de toile brun qui servait d’ordinaire à la collecte des effets et entreprit d’ouvrir les niches d’acier rouillé. Il ne sentit pas le choc, seulement une chaleur extrême qui envahit sa tête qui bouillonna instantanément. Avant qu’aucun son ne puisse sortir de sa bouche, il se souvînt simplement avoir été parcouru d’un long filet de sang qui courrait sous son col amidonné. Ses jambes se dérobant sous lui, il vît la menace de la crosse bleuie par le froid mâtinée de rouge, il semblait comprendre en dépit d’un regard bovin et idiot. Il s’affaissait sur le côté, sans pouvoir exulter une plainte. Pour tout écho, il perçut le cri d’une femme toujours sous la menace des armes des deux bandites de l’entrée. Celle qui le toisait maintenant se moquait de lui, de sa faiblesse, appuyait encore plus fort là où ça faisait mal.

« -Emma ! Viens par-là ! Fait le ménage ! » Emma fît coucher son otage sur le sol et rappliqua en triple vitesse, obéissante. Elles commencèrent à s’activer, avec minutie, sous l’œil avisé de Mésange qui pointait au hasard les corps grelottants à terre.

Deux coups de feu consécutifs claquèrent dans le crépuscule, suivit par une salve qui semblait répondre.

« Les flics ! indiqua Marina, en jetant un coup d’œil par-dessus son épaule. Dépêche-toi ! »

Emma ouvrait frénétiquement toutes les portes de l’armoire en respirant fort. Ses yeux fardés étaient plissés à l’extrême, concentrés sur chaque geste.

Sur le côté de la rue, ouverte sous les fenêtres, Marina vît avec incompréhension quelque chose qu’elle analysa en une fraction de seconde. Sur le coin de la rue, aucun roussin, mais c’était bien trois filles qui remontaient le trottoir dans leur direction. Dans le même temps, la vitre opposée se brisa. Une des leurs venait de se jeter dedans, morte, pliée en deux sur l’encadrement de bois, des larmes rouges qui coulaient le long de ses joues poudrées. Marina laissa définitivement son sang-froid pour hurler :

« Les filles d’Albinio ! ces... »

Elle chercha le bras d’Emma pour la sortir de sa tâche enivrante, et posa les yeux sur elle.

Avant que Marina ne puisse l’atteindre, un formidable tonnerre résonna dans la salle, la jeune fille fût instantanément plaquée contre l’armoire et s’affalait verticalement, signant les portes d’une trainée rouge. Furieusement, Marina se retourna, levant haut son revolver en se mordant la lèvre intérieure.

Son cigarillo se détacha de sa bouche et s’étiola sur le parquet massif. En face d’elle, un œil noir la fixait profondément. Un œil béant dans lequel son regard se perdait. Le canon de l’arme qui était quasiment collé à son front était prolongé par Mésange qui arborait de nouveau ce sourire de défi que Marina lui avait corrigé quelques minutes auparavant.

La fraction de seconde d’hébétude joua en sa défaveur qui comprenait tout en un instant.
Elle ne senti rien, elle n’entendit qu’un bruit sourd la transporter loin de la pièce, loin de la violence. Elle ne vît que du blanc, précédé par les trois ombres qui entraient dans la banque, se rangeant de connivence derrière Mésange. L’air devînt chaud autour d’elle et elle chuta en arrière, transportée finalement loin de la violence, par la violence. Elles avaient perdu, elles étaient trahies. Elle finit sa course tête bêche avec Emma qui regardait dans le vague maintenant. Plus de fureur, plus de cris, les bruits s’estompaient de loin en loin, cotonneux. Son ultime pensée fût vengeresse, et mauvaise perdante. Il lui sembla qu’elle pleurait maintenant, mêlée entre la satisfaction d’avoir assumé ses choix et la tristesse d’avoir emmenée les autres avec elle.

À la toute fin de l’histoire, les femmes mourraient comme les hommes, du même sang rouge et implacable. Equité parfaite devant le jugement. Dans cette éternité criminelle, seuls restaient les enfants. Avec pour seul réconfort et seul refuge qui prémunirait l’humanité de la souffrance, l’insouciance.

 

Scheuer Kévin pour Gang de Paris

https://medium.com/@kevixe


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